Des entretiens en présentiel prévus pour les étudiants soupçonnés d’abus d’IA selon de nouvelles recommandations

L'utilisation croissante de l'intelligence artificielle dans le milieu académique suscite de nouveaux questionnements sur l'intégrité des travaux étudiants. Face à la multiplication des cas suspects de recours à des outils d’IA générative, de nouvelles recommandations ont été émises afin de préserver l’authenticité des évaluations.

Des entretiens oraux pour confirmer les compétences des étudiants

Les universités et établissements d’enseignement supérieur sont encouragés à introduire des entretiens en présentiel pour les étudiants soupçonnés d’avoir utilisé de manière inappropriée des outils d’intelligence artificielle dans la réalisation de leurs devoirs. Cette méthode d’oral verification vise à s'assurer que les étudiants maîtrisent réellement les contenus présentés dans leurs travaux écrits.

Selon ces recommandations, lorsqu’un enseignant détecte des indices laissant penser que l’IA a pu être utilisée pour produire un devoir, il serait désormais possible de convoquer l’étudiant pour une évaluation orale. L’objectif est de vérifier la compréhension et la capacité à expliquer ou approfondir les idées développées dans le document remis.

Les raisons d’un encadrement renforcé

Avec l’essor des IA génératives telles que ChatGPT, de nombreux enseignants expriment leur inquiétude quant à la facilité avec laquelle il devient possible de produire des textes cohérents et pertinents, sans réelle implication personnelle. Les établissements s’efforcent donc de trouver un équilibre entre l’intégration des outils numériques dans les apprentissages et la nécessité de garantir l’authenticité du travail académique.

L’entretien oral apparaît comme un moyen pragmatique de dissuader la triche assistée par IA et de valoriser les compétences personnelles. Il s’agit également de protéger la valeur des diplômes et d’assurer l’équité entre les étudiants.

Les défis de la mise en œuvre

Cette nouvelle approche soulève toutefois des interrogations pratiques. Certains enseignants redoutent une charge de travail accrue, notamment dans les filières accueillant de nombreux étudiants. D’autres pointent la difficulté à déterminer, de manière objective, les cas justifiant la tenue d’un entretien.

Par ailleurs, le recours à l’entretien oral n’est pas exempt de biais potentiels, notamment pour les étudiants moins à l’aise à l’oral ou ceux pour qui le français n’est pas la langue maternelle. Des dispositifs d’accompagnement et des critères clairs devront donc être définis afin d’assurer une application juste et transparente de cette mesure.

Vers une adaptation continue des pratiques éducatives

L’émergence de ces recommandations souligne la nécessité, pour le secteur éducatif, de s’adapter en permanence aux évolutions technologiques. Si les outils d’intelligence artificielle représentent une opportunité pour enrichir les apprentissages, ils imposent également de repenser les modalités d’évaluation et de contrôle des connaissances.

Dans ce contexte, l’entretien oral pourrait s’imposer comme un complément essentiel aux évaluations écrites classiques, garantissant ainsi que chaque étudiant maîtrise réellement les savoirs qu’il prétend avoir acquis.