PandIA

Apple accuse Chang Liu d’avoir utilisé un schéma secret chez OpenAI, retrouvé sur son Mac

Apple accuse Chang Liu d’avoir utilisé un schéma secret chez OpenAI, retrouvé sur son Mac

Le conflit entre Apple et OpenAI quitte le terrain des déclarations publiques pour entrer dans celui de la preuve numérique. Dans un dépôt judiciaire daté du 31 août 2026, Apple affirme qu’un ancien ingénieur aurait utilisé chez OpenAI un schéma électrique confidentiel récupéré avant son départ — et qu’une tentative de suppression de traces aurait suivi l’ouverture de l’enquête.

Un ancien ingénieur passé chez OpenAI avec un MacBook Apple

Au centre du dossier figure Chang Liu, ancien ingénieur spécialisé dans les systèmes électriques chez Apple. L’intéressé a quitté l’entreprise pour rejoindre OpenAI en janvier 2026, selon les éléments présentés dans la procédure.

Apple affirme que Liu a conservé après son départ un MacBook professionnel qui lui avait été confié dans le cadre de ses fonctions. L’entreprise aurait ensuite récupéré cet ordinateur et soumis son contenu à une analyse forensique, c’est-à-dire une expertise destinée à identifier les fichiers consultés, copiés ou transférés, ainsi que les traces laissées par les utilisateurs.

D’après Apple, cette analyse aurait mis au jour un schéma confidentiel de circuit utilisé dans le nouvel environnement professionnel de Liu. L’entreprise considère que ce document constitue une information protégée liée à ses produits et à ses travaux d’ingénierie. Elle accuse donc son ancien salarié d’avoir emporté des données sensibles puis de les avoir exploitées chez OpenAI.

La nature exacte du circuit concerné n’a pas été rendue publique. Apple ne détaille pas non plus, dans les éléments rapportés par TechCrunch et Axios, le produit auquel il serait destiné ni la manière précise dont le schéma aurait été intégré aux travaux d’OpenAI. Cette absence de détails limite, à ce stade, l’évaluation de la portée industrielle du document.

Apple affirme avoir trouvé plus qu’un simple fichier

L’argument d’Apple ne repose pas uniquement sur la présence supposée d’un schéma. La société soutient également que Liu et un autre salarié d’OpenAI auraient cherché à détruire ou altérer des preuves après l’ouverture de l’enquête.

Dans ce type de contentieux, la question de la spoliation de preuves peut devenir presque aussi importante que le vol initial allégué. Les tribunaux examinent notamment si les personnes concernées savaient qu’une enquête ou une procédure était engagée, si elles avaient l’obligation de préserver les données et si des fichiers, messages ou appareils ont été effacés par la suite.

Apple affirme que des actions destinées à faire disparaître des traces auraient été entreprises après le début de ses investigations. Le dépôt judiciaire ne permet toutefois pas, à lui seul, de déterminer si un tribunal a déjà établi l’existence d’une destruction intentionnelle de données. Pour l’instant, il s’agit de la version défendue par Apple dans une procédure contradictoire.

Le fait qu’un ordinateur professionnel ait été conservé après le départ de Liu donne néanmoins à l’affaire une dimension technique particulière. Les journaux de connexion, historiques de fichiers, métadonnées et copies locales peuvent permettre de reconstituer une chronologie plus précise qu’un simple échange de courriels. Ils peuvent aussi révéler des comportements indirects : consultation de documents, branchement d’un support externe ou synchronisation avec un compte personnel.

La bataille portera sur l’intention et la traçabilité

La défense devra probablement contester plusieurs points : la confidentialité réelle du schéma, la propriété des fichiers retrouvés, le rôle exact de Liu dans leur utilisation chez OpenAI et le lien entre le document présent sur le MacBook et les travaux menés après son recrutement.

La chaîne de conservation de l’ordinateur sera également déterminante. Apple devra pouvoir démontrer que les données ont été collectées et analysées selon une méthode fiable, sans modification susceptible d’affaiblir leur valeur devant le tribunal. De son côté, OpenAI pourrait chercher à établir que le document était accessible par d’autres canaux, qu’il ne correspondait pas à une technologie propriétaire ou qu’il n’a pas été utilisé dans un produit commercial.

OpenAI conteste et demande le rejet de la plainte

OpenAI rejette les accusations portées contre l’entreprise et demande le rejet de la plainte, selon les informations rapportées par Axios. Cette position ne constitue pas une reconnaissance des faits reprochés à Liu ni une conclusion judiciaire sur l’origine du schéma.

Le désaccord intervient dans un contexte de relation déjà tendue entre Apple et OpenAI. Les deux groupes coopèrent sur l’intégration de fonctionnalités d’intelligence artificielle dans les appareils Apple, mais leurs intérêts restent largement concurrents. Apple contrôle l’accès à plusieurs centaines de millions d’utilisateurs et cherche à renforcer ses capacités en IA directement dans ses systèmes. OpenAI, de son côté, dépend de partenariats de distribution tout en recrutant des profils capables de travailler sur des sujets matériels et logiciels avancés.

Cette affaire ajoute une dimension sociale et industrielle à cette rivalité. Elle ne concerne pas seulement la circulation d’un fichier : elle pose la question de la manière dont les entreprises protègent leurs savoir-faire lorsqu’un ingénieur passe chez un acteur technologique partenaire, voire concurrent sur certains segments.

Les transferts de salariés entre géants de la tech sont fréquents. Les contrats de confidentialité, les restrictions d’accès et les procédures de restitution du matériel visent précisément à limiter les risques lors d’un départ. Mais ces dispositifs deviennent plus difficiles à contrôler lorsque les collaborateurs utilisent plusieurs environnements numériques, des outils de synchronisation ou des plateformes d’IA capables d’ingérer des documents techniques.

Un dossier qui pourrait dépasser le cas Liu

Si Apple parvient à établir que le schéma confidentiel a été utilisé chez OpenAI et que des preuves ont été supprimées après le lancement de l’enquête, les conséquences pourraient dépasser les dommages réclamés dans cette procédure. Le dossier pourrait entraîner des demandes d’accès à d’autres appareils, comptes et communications liés au recrutement de Liu.

OpenAI devra alors clarifier le rôle du salarié concerné et de son collègue, ainsi que les mécanismes internes mis en place pour empêcher l’utilisation de données provenant d’un employeur précédent. Pour Apple, l’enjeu sera de transformer les éléments récupérés sur un MacBook en démonstration juridiquement exploitable d’un transfert de propriété intellectuelle.

Le prochain jalon attendu sera l’examen par le tribunal de la demande de rejet formulée par OpenAI et des arguments d’Apple sur la conservation des preuves. La procédure permettra surtout de mesurer si le schéma retrouvé constitue une information véritablement protégée et si les accusations de destruction de données reposent sur des éléments techniques suffisamment établis.

Recevez les dernières actualités sur l'IA dans votre boite mail

envelope
Si vous souhaitez recevoir un résumé de l'actualité ainsi que nos derniers guides sur l'IA rejoignez nous !
Actualités Guides Liste IA Prompts Newsletter