DeepSeek serait proche de lever 12 milliards de dollars, au-delà de son objectif initial
Le laboratoire chinois DeepSeek serait sur le point de sécuriser une levée de fonds supérieure à 80 milliards de yuans, soit environ 12 milliards de dollars. Un montant qui dépasserait largement son objectif initial et rapprocherait l’entreprise d’une introduction en Bourse en Chine envisagée pour 2027.
Selon des informations rapportées par Reuters et Bloomberg, le tour de table attire plusieurs poids lourds chinois, dont Tencent et CATL. Les modalités de l’opération restent toutefois en cours de finalisation : ni le montant définitif, ni la valorisation, ni la répartition précise entre investisseurs ne seraient arrêtés.
Un objectif relevé sous la pression des investisseurs
DeepSeek visait initialement une levée d’environ 50 milliards de yuans, soit près de 7 milliards de dollars selon le taux de conversion retenu. Le nouveau montant évoqué, supérieur à 80 milliards de yuans, représenterait une hausse d’au moins 60 % par rapport à cette cible.
Cette progression serait liée au regain d’intérêt suscité par le dernier modèle d’IA développé par le laboratoire. Les sources citées par Reuters et Bloomberg ne précisent pas les caractéristiques détaillées de ce modèle, mais son lancement aurait convaincu de nouveaux investisseurs de rejoindre l’opération.
Le chiffre de 12 milliards de dollars doit cependant être considéré comme une estimation. Le montant final dépendra notamment du taux de change entre le yuan et le dollar et de la conclusion des négociations. À ce stade, aucune annonce officielle de DeepSeek ne confirme la clôture de la levée.
Un financement qui ne vaut pas valorisation
Le montant annoncé correspond aux capitaux injectés dans l’entreprise, et non à sa valorisation. Cette distinction sera déterminante pour mesurer la position de DeepSeek face aux autres acteurs chinois de l’IA.
Les informations disponibles ne permettent pas encore de savoir si l’opération sera composée uniquement de titres nouvellement émis, d’une cession de parts existantes ou d’une combinaison des deux. La part de capital détenue par Tencent, CATL et les autres investisseurs permettra également d’évaluer le niveau de contrôle conservé par les fondateurs et les actionnaires historiques.
Une levée de cette ampleur pourrait néanmoins fournir à DeepSeek des ressources considérables pour financer l’entraînement de nouveaux modèles, l’accès aux capacités de calcul et le recrutement d’ingénieurs spécialisés. Les sources ne détaillent pas encore l’affectation des fonds.
Tencent et CATL, des soutiens aux profils très différents
La présence annoncée de Tencent et de CATL donne à l’opération une portée qui dépasse le seul financement d’une jeune entreprise spécialisée dans l’IA.
Tencent dispose d’un écosystème couvrant les services numériques, le cloud, les jeux vidéo et les plateformes de communication. Le groupe développe également ses propres modèles et infrastructures d’IA. Sa participation pourrait donc s’inscrire dans une logique à la fois financière et stratégique, même si les droits qui lui seraient accordés n’ont pas été publiés.
CATL, premier fabricant mondial de batteries pour véhicules électriques, apporte un profil différent. Son intérêt éventuel pour DeepSeek illustrerait l’élargissement de l’IA à des secteurs industriels qui cherchent à automatiser la conception, la production et l’analyse de données. Là encore, aucun partenariat opérationnel précis n’a été rendu public.
Le fait que ces deux groupes figureraient parmi les principaux investisseurs est surtout révélateur de la confiance retrouvée autour de DeepSeek. Le laboratoire ne dépendrait plus seulement de fonds spécialisés dans les technologies ou de capitaux liés à l’écosystème logiciel chinois. Son financement attirerait aussi des acteurs industriels et des plateformes disposant de moyens considérables.
Une étape préparatoire avant une cotation en 2027
DeepSeek préparerait une introduction en Bourse en Chine pour 2027. Le projet reste à un stade préliminaire : l’entreprise n’aurait pas encore arrêté l’ensemble des paramètres de l’opération, et aucune place de cotation ni aucun calendrier réglementaire détaillé ne sont connus.
Une levée pré-IPO de plus de 80 milliards de yuans permettrait de renforcer le bilan du laboratoire avant son éventuelle arrivée sur les marchés publics. Elle pourrait aussi servir à établir une référence de valorisation lors des futurs échanges avec les investisseurs.
Mais une entrée en Bourse dans deux ans ne constitue pas une garantie. Les autorités chinoises devront examiner les comptes, la gouvernance, la structure de l’actionnariat et les risques liés aux activités d’IA. La rentabilité de DeepSeek, ses coûts de calcul et sa dépendance à certains fournisseurs technologiques pèseront également dans le dossier.
Le laboratoire évolue par ailleurs dans un contexte marqué par les restrictions américaines sur l’accès de la Chine aux processeurs les plus avancés. Dans ce cadre, la capacité à produire des modèles performants avec des ressources matérielles contraintes reste un argument commercial et financier important. Elle ne dispense toutefois pas d’investissements massifs dans les centres de données et les infrastructures d’inférence.
Le prochain test sera la confirmation officielle
DeepSeek s’est imposé dans la course mondiale à l’IA en attirant l’attention sur des modèles réputés efficaces et sur des coûts de développement présentés comme maîtrisés par rapport à ceux des grands laboratoires américains. Le dernier modèle aurait ravivé cet intérêt auprès des investisseurs, mais la levée annoncée devra maintenant passer du stade des discussions à celui des documents signés.
Les prochains jalons seront concrets : confirmation du montant définitif, identification complète des investisseurs, publication de la valorisation et précisions sur la future cotation. Si les 80 milliards de yuans se confirmaient, DeepSeek disposerait d’une enveloppe supérieure de près de 30 milliards de yuans à son objectif initial. Ce surplus mesurerait moins un simple succès financier qu’une anticipation : celle d’un laboratoire jugé capable de transformer l’attention acquise autour de ses modèles en capacités industrielles durables avant son éventuelle entrée en Bourse en 2027.